Pour paraphraser un ancien proverbe, la route de l'enfer est pavée de nids-de-poule.
C’est le cercle vicieux du printemps : la neige fond, l’eau s’infiltre et gèle dans la chaussée, augmentant ainsi de volume, puis se rétracte en fondant de nouveau, provoquant l’effondrement du bitume. Il n’en reste qu’un paysage lunaire de cratères qui transforment les plus banals des trajets quotidiens en une véritable piste de Super Mario Kart.
Pour les conducteurs concernés, les nids-de-poule sont des obstacles inévitables. (Leur omniprésence sur les routes de la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis est à ce point légendaire que la marque de glaces Friendly propose une glace Sundae nid-de-poule servie avec ses débris de chocolat !) Les nids-de-poule coûtent à eux seuls plus de 2,7 milliards d’euros (3 milliards de dollars) par an aux automobilistes des États-Unis en réparations et peuvent intégralement paralyser des autoroutes, des villes et même des aéroports.
Toutefois, ils sont beaucoup plus qu’une contrariété : ils représentent une véritable menace pour les automobilistes comme pour les piétons. Rien qu’aux États-Unis, les nids-de-poule sont responsables de pratiquement un tiers des accidents mortels sur les autoroutes. En Inde, où l’on estime qu’ils tuent dix personnes par jour, on va jusqu’à dire qu’ils « sont plus meurtriers que le terrorisme. » La France n’échappe pas à cette triste statistique où 53 % des routes nécessitent des travaux d’entretien.
L’approche courante pour réparer les nids-de-poule est une méthode basique consistant à « combler » les trous à la pelle, généralement avec de l’asphalte, et d’aplanir la surface au rouleau compresseur. C’est une technique peu coûteuse, mais malheureusement de courte durée. Cependant, de nouvelles méthodes et de nouveaux matériaux promettent de faciliter les réparations tout en prolongeant leur durée de vie, et même de prévenir l'apparition de nouveaux trous.